À l’origine de la Marche Saint-Roch de Châtelet, les marcheurs de l’unique compagnie portaient un uniforme – appelé aussi, dans le langage courant, un « costume », sans connotation péjorative – de type « Second Empire ».
À partir de 1964, les différentes compagnies adoptent progressivement l’uniforme du « Premier Empire », y compris la Jeune Compagnie.
Depuis lors, toutes les compagnies défilent en uniforme du Premier Empire.
Toutefois, la Jeune Compagnie a choisi de revenir à cet uniforme dans une version plus accessible, afin de démocratiser le prix de la location et permettre à davantage d’enfants de participer à l’événement.

La distribution
Pour participer aux marches folkloriques, chaque soldat et officier doit revêtir un uniforme complet, véritable symbole d’appartenance et de respect des traditions. Afin de garantir cette préparation, chaque compagnie organise la distribution des tenues un à deux jours avant le début des festivités, généralement le jeudi ou le vendredi selon son calendrier.
Les compagnies qui louent leurs costumes se rendent tôt le matin chez leur louageur attitré pour en prendre possession. Qu’elles soient locataires ou propriétaires de leurs uniformes, toutes les compagnies procèdent ensuite à une remise en interne, dans leur local, où les soldats et officiers viennent retirer leur tenue, soigneusement préparée et vérifiée.
Une fois la marche terminée, les uniformes sont récupérés par la compagnie, souvent le mardi suivant. Cette étape est tout aussi rigoureuse : chaque élément est contrôlé avant d’être restitué ou rapporté, afin de s’assurer qu’il est complet et en bon état.
Ce fonctionnement bien établi témoigne du sérieux et du respect des traditions propres à chaque compagnie, et garantit que les uniformes, portés avec fierté, soient rendus avec soin.
Calendrier de distribution des Compagnies :
Jeudi d’Ascension :
- Sapeurs-Tirailleurs
- Grenadiers
- Chasseurs
- Vétérans
- 33ème de Ligne
Vendredi d’Ascension :
- Dragons
- Gendarmes
- Artilleurs
- Jeune Compagnie
Les louageurs

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Origine des tenues dans les marches folkloriques
L’origine des marches remonte au Moyen Âge sous forme de processions dédiées à la Fête-Dieu et ensuite dédiées à un saint qui s’est dévoué en faveur de la communauté. Mais dans le courant du XVIIIème siècle, de plus en plus de ces cérémonies devenaient un prétexte pour s’amuser et tourner la religion en dérision, ce qui ne plut pas au clergé et révolution française aidant, l’édit de Joseph II en 1786 mis les processions en pause.
Les coutumes reprendront en 1802 après le concordat signé entre Napoléon Ier et le Pape Pie VII. C’est à ce moment que les Marches prirent un nouvel essor et devinrent des escortes militaires. Cependant, les tenues premières escortes devaient être loin de rappeler celles du 1er Empire, les escortes affichaient une large variété de costumes disparates avant d’adopter, dans la seconde moitié du XIXème siècle, les tenues de notre armée belge. Seules quelques rares compagnies étaient équipées de répliques du 1er Empire, telles que les Sapeurs-Grenadiers de Thuin et les Grenadiers de Fosses.
Pour en venir au cheminement qui aboutit aux tenues actuelles, ce seraient les deux louageurs, de Gerpinnes et Tarciennes, qui auraient standardisés les uniformes et les auraient démocratisés. Cependant, ce n’étaient toujours pas des uniformes du 1er Empire, mais des tenues de la seconde moitié du XIXème siècle qui étaient louées.
Ce n’est que dans les années 1960, et dans les bourgades industrialisées comme Châtelet, Thuin ou Fosses, que (re)nait la passion pour les uniformes étincelants du 1er Empire, avec le mythe des marches folkloriques en défroque après 1815. C’est la demande aux louageurs de confectionner des uniformes du 1er Empire, de la part du président de l’Association des Marches, qui permit la diffusion du costume du 1er Empire dans les villages. C’est probablement à ce moment que la désignation des costumes comme étant du 1er Empire et du 2ème Empire s’avéra nécessaire et s’installa dans le jargon des marcheurs. Notons que le terme de « 2ème Empire » n’est pas historiquement appropriés aux tenues qu’il désigne, car la source des uniformes qu’il qualifie est à chercher dans les uniformes du début de l’armée belge et non pas dans ceux portés par les soldats de Napoléon III. Seules les tenues de zouaves et de Spahis peuvent revendiquer historiquement ce terme.
Bref, on peut résumer que l’origine des tenues qui se perpétuent de nos jours dans les marches, émanerait du XIXème siècle avec, pour commencer, une large variété de costumes disparates, pour ensuite adopter l’uniforme de l’armée belge et revenir, dans la seconde moitié du XXème siècle, au flamboyantes tenues du 1er Empire. C’est pour celà que, hormis certaines marches revêtues exclusivement d’uniformes du 1er Empire, il n’est pas rare de voir des marches arborant les deux types d’uniformes ou seulement celui dit du « second Empire ».
Les tenues inspirées du Ier Empire sont si prestigieuses et colorées car, au XVIIIe et XIXe on a cherché à produire les tenues les plus éclatantes possibles étant donné que le recrutement de l’armée était fondé, hormis pour la conscription – engagement obligatoire des hommes entre 20 et 25 ans en cas de conflit -, sur le principe du volontariat. Il fallait donc céder au goût instinctif de l’individu pour le clinquant et le chamarré. De plus, destinés à être montrés, les uniformes de parade (uniformes de « grande tenue » récupérées par les pélerins) se voulaient le reflet de la puissance et de la tradition d’une armée. Dès lors, les coiffes, décorations, larges épaulettes, couleurs vives étaient de sortie.
Pour les reconnaitre
Exemple d’un uniforme du 1er Empire (grenadier).
Les costumes du 1er Empire comportent toujours une paire de guêtres montante au niveau du genou, une paire d’épaulettes, deux banderoles croisées (le baudrier et la porte-giberne) et une veste qui se termine en queue de pie.
Exemple d’un uniforme du 2ème Empire (voltigeur).
Les costumes du 2ème Empire n’ont jamais de vestes se terminant en queue de pie, hormis celles du tambour-major et des sapeurs, et ne comportent pas de paire de guêtres, exceptés celles des zouaves montant à mi mollet.
A : Colback
B : Plumet
C : Plaque dorée
D : Cocarde tricolore
E : Fourragère
F : Raquette
G : Capote
H : Epaulettes
I : Calotte en drap
J : Havresac
K : Galons de grades
L : Plastron
M : Gilet
N : Giberne.
O : Parement
P : Patte de parement
Q : Fusil.
R : Baïonnette
S : Galon
T : Pantalon.
U : Retroussis
V : Guêtres.
W : Souliers.
X : Bonnet de police
Y : Basque
Z : Sabre-Briquet
Le sacre de Napoléon Ier par David le 2 décembre 1804 à la cathédrale Notre-Dame de Paris.
Le 1er Empire (1804-1815)
Napoléon Bonaparte dirigea la France à partir de la fin de l’année 1799 ; il est d’abord Premier Consul du 10 novembre 1799 au 18 mai 1804 puis Empereur des Français, sous le nom de Napoléon Ier, du 18 mai 1804 au 11 avril 1814, puis du 20 mars au 22 juin 1815.
Le passage de la République à l’Empire nécessita la création d’armoiries impériales, ainsi que la création d’objets symboliques destinés à établir une tradition auparavant inexistante. Napoléon décida d’associer aux symboles de son règne les images qui ont pu représenter auparavant la France, ainsi que les pouvoirs forts européens. L’aigle est choisi en référence aux aigles romaines, portées par les légions, mais il est également le symbole de Charlemagne. Les abeilles sont censées rappeler les Mérovingiens.
En France, il a fallut attendre les années 1660 pour voir s’imposer le port d’une tenue uniforme. On retrouva, le gris (puis le blanc) qui constituent alors la couleur de l’infanterie. Parallèlement, le rouge et le bleu sont le domaine de la Maison royale et de certains régiments étrangers ; ce furent les ordonnances de 1670 et 1690 qui imposèrent l’uniforme, préconisant l’habit blanc-gris avec parements rouges, veste ou gilet et culotte bleue, rouge ou blanche, les trois couleurs des Bourbons et comme coiffure, le lampion ou tricorne en feutre noir, avec cocarde aux couleurs du colonel.
L’habit bleu « national » et le bicorne des volontaires remplaça l’habit blanc et le tricorne des troupes royales. Sous Napoléon Ier, la tenue du règlement de 1786 resta en vigueur jusqu’en 1813. L’habit bleu à parements et collets rouges, retroussis blanc, veste, culotte et guêtres blanches, constitua la tenue de parade, à laquelle se substitue en campagne, un pantalon de toile et une longue redingote. Le bonnet à poil, qui coiffait les grenadiers des unités d’élite ne fut conservé que dans la Garde Impériale, et le chapeau de feutre resta longtemps la coiffure habituelle, bien que le shako soit réglementaire. L’amour que l’Empereur portait aux belles troupes lui fit fermer les yeux sur certaines irrégularités, et, si lui-même ne portait que des uniformes très discrets, son entourage empanaché brillait de mille feux.
Il est important de savoir que chaque corps avaient des tenues différentes et que celles-ci ont évoluées tout au long du 1er Empire. Elles sont ici généralisées afin de mieux comprendre l’origine de l’inspiration des tenues dans les marches folkloriques.
Réception des ambassadeurs siamois par l’Empereur Napoléon III au palais de Fontainebleau, 27 juin 1861
Le 2ème Empire (1852-1870)
Louis-Napoléon Bonaparte dirigea la France à partir de la fin de l’année 1848; il est d’abord Président de la République française (élu au suffrage universel masculin) avant de devenir Empereur des Français sous le nom de Napoléon III à partir du 2 décembre 1852 jusqu’au 4 septembre 1870. Napoléon III se dit le représentant du grand Napoléon Ier et reprendra ainsi certains symboles du 1er Empire, tels que les aigles impériaux qui furent rétablis sur les drapeaux.
La période entre les deux Empires (1815-1852) a été riche en évènements politiques (Restauration jusqu’en 1830; La Monarchie de Juillet jusqu’en 1848 et la deuxième République jusqu’en 1852) et militaires (Expédition d’Espagne en 1823; Conquête de l’Algérie en 1830, Expéditions sur le continent africain…) qui fûrent responsables de transformations majeures apparues sur les uniformes de l’armée, rompant ainsi la ligne paresseuse de l’évolution du costume de guerre français (via principalement les rigueurs climatiques des guerres exotiques).
Les tenues se sont allégées et certaines se sont totalement démarquées du style militaire de l’époque suite à l’expérience coloniale et à l’inspiration des uniformes autochtones.
Sous le 2ème Empire, le recrutement se fait par engagement et tirage au sort. Le service dure 6 ans. Les appelés tirés au sort ont le droit de se faire remplacer par une personne tierce. Le remplaçant négocie avec l’appelé et sa famille perçoit une compensation financière en échange de son engagement.
Sources
- Premier_Empire
- Second Empire
- Napoléon Ier
- Louis-Napoléon Bonaparte#Napoléon III empereur des Français
- Uniforme militaire
- Marches de l'Entre-Sambre-et-Meuse
- Service militaire en France
- amfesm.be
- pacofaitlezouave.blogspot.com/evolution de luniforme de l'infanterie
- Bertrand Thibaut, "En Marche, Les escortes militaires en entre-Sambre-et-Meuse", Edition Aparté, Bruxelles 2010, P74 à 80.
- Michel Conreur, op. cit. p. 31.
- Autres sites qui n'existent plus